Psychothérapeute, Psychanalyste, Hypnose à Paris 9
Evelyne Ridnik

N° Adeli : 75 93 08976

Les addictions

En ce début du troisième millénaire, à l’heure de la communication instantanée, du numérique, de la mondialisation, des naissances programmées, d’internet et des téléphones portables, vous pensiez pouvoir tout maîtriser.

Vous vouliez tout ce était le mieux pour votre enfant, adulte en devenir. Vous vouliez le protéger contre vos craintes de le voir s’égarer et consommer des drogues ou de l’alcool. Vous le vouliez bien dans sa peau, heureux et épanoui. Vous pensiez que par vos expériences de vie, vous aviez appris les erreurs à éviter et vous vouliez, par vos conseils et votre accompagnement, permettre à votre enfant d’accéder à une vie heureuse qui s’écoulerait comme « un long fleuve tranquille ».

Hélas, vous souffrez de désillusion car vous venez de découvrir que votre adolescent consomme des produits illicites et vous êtes déçus, paniqués. Que faire ? Vous aviez bien remarqué que depuis quelques temps, il semblait absent, qu’il dormait beaucoup, qu’il n’arrivait pas à se lever le matin, qu’il séchait les cours, que ses résultats scolaires avaient considérablement baissés… mais vous n’osiez pas y penser. Il s’isolait de ses amis, dépensait beaucoup d’argent et s’énervait au delà de la normale… Vous pensiez à un chagrin d’amour, un malaise dû à l’adolescence.

Maintenant que vous savez, que faire? Dites vous que vous n’êtes pas responsable de cette situation qui touche beaucoup de familles. Dramatiser, culpabiliser n’aide pas à trouver les bons mots

Comment en parler avec lui ?

Fumer un joint n’est pas dramatique si ce n’est encore devenu une habitude. Boire et fumer un joint pendant les soirées de fin de semaine fait partie des habitudes chez certains adolescents qui n’osent pas s’affirmer différents de leurs amis. Ils ont besoin d’appartenir à un groupe. Il suffit de remarquer qu’ils parlent comme les autres, s’habillent comme les autres, font comme les autres… Et puis, ils veulent connaître de nouvelles sensations fortes, se prouver et vous prouver qu’ils ne sont plus des enfants.

Cependant, vous devez parler à votre adolescent avant que ces moments qu’il vit comme festifs deviennent une habitude. Vous devez vous assurer qu’ils ne sont pas dépendants (devenir dépendant du cannabis demande environ dix-huit mois). Plus tôt vous agirez et plus facile ce sera pour lui de changer ces comportements.

L’aborder ne sera pas toujours simple, allez y en couple (même si vous êtes séparés) pour lui montrer votre désir de l’aider.

Dans un premier temps, il nie, vous accuse de fouiller dans ses affaires. Evitez toutes accusations, tentez la discussion et parlez lui de votre inquiétude. Vous êtes ses parents et devez le protéger contre des excès dont il pourrait avoir du mal à s’extirper !

Proposez lui de s’entretenir avec spécialiste qui pourrait l’aider, en toute neutralité.

Prévenez le qu’à présent vous allez être très vigilant, pas pour le « fliquer » mais pour le protéger. Prévenez le que vous allez vous entretenir avec ses enseignants, suivre de très près ses fréquentations, ses sorties et ses résultats scolaires.

Sa réponse peut être violente : Il se rebelle, revendique son identité, s’oppose à vos conseils et affirme ne surtout pas vouloir vous ressembler. Il veut exister par lui-même ! Quitte à subir des échecs, il se proclame prêt à acquérir sa propre expérience. Dans le but d’investir sa propre vie, l’adolescent semble prêt à oublier les solides repères que vous avez édifiés.

Dans un tel contexte, de sérieuses polémiques risquent d’éclater mais attention de ne pas rompre le contact! Il doit vous sentir présent même s’il se montre agressif à votre égard.

Ce qu’il ressent à votre égard, malgré ses dires…

Il vous aime tendrement sans le dire, voudrait dans son for intérieur rester dans ce douillet cocon familial qu’il affectionne mais, en même temps, par pudeur ou provocation, il manifeste l’envie de se distancier de vous et de ses anciennes habitudes… Pour arriver à quitter le foyer, il vous confronte à ses révoltes, ses provocations verbales et ses comportements souvent violents. Tout ce que vous lui proposez est critiqué et rejeté. Sachez que ce n’est pas vous qu’il rejette, mais votre mode de vie.

Contrairement à l’enfant qu’il était, il ne cherche plus à vous épargner mais à vous montrer, par la violence qu’il établit dans vos rapports, qu’il entre « dans le monde des adultes ». Si vous l’y sentez prêt, vous devez respecter cette louable revendication, tout en demeurant des parents aimants, accueillants et disponibles s’il vous demande de l’aider. Vous resterez ainsi des repères solides, support de son équilibre pour faire ses premiers pas dans sa vie. Il vous incombe de l’accompagner, en tenant compte de sa personnalité, vers sa complète autonomisation.

Quelle est la distance à respecter pour que la communication ne soit pas rompue, pour que les liens subsistent au-delà des difficultés rencontrées ?

Il est essentiel que personne n’ait l’impression de devoir s’effacer devant l’autre et que chacun trouve sa place et son chemin. Vous devez vous adapter aux métamorphoses physiques et psychiques de votre adolescent et ne plus le regarder comme l’enfant qu’il était.

Par rapport aux produits

S’il finit par admettre qu’il consomme du cannabis, vous avez en partie gagné. Demandez lui des détails sur le produit, la quantité, les conditions dans lesquelles il a commencé et les moments où il consomme. Affirmez votre désapprobation et informez le de la nocivité et l’irréversibilité de la prise de produits sur son système nerveux central. Insistez sur le besoin de consulter un psychothérapeute qui l’aidera à prendre conscience de ses responsabilités psychiques et physiques et à s’affirmer autrement. Ce peut être dans le sport, dans les arts, dans la musique, dans les études… Vous pouvez même lui proposez de l’accompagner dans cette démarche en entreprenant une thérapie familiale qui pourra déboucher ensuite dans un travail personnel.

Vous y arrivez…

Dans le pire des cas, si vous le sentez embourbé dans une situation dont il n’arrive pas à se sortir, n’hésitez pas à l’éloigner pour quelques temps de ses habitudes. Proposez lui le poursuivre sa scolarité dans une autre ville, dans de la famille ou chez des amis. Il peut avoir besoin de couper avec un milieu qui l’influence.

Dans le meilleur des cas, même si certains moments restent difficiles, qu’il vous provoque ou qu’il vous affronte… il sait que vous êtes là pour lui. Il a bien compris, même s’il ne veut pas le reconnaître que vous êtes là pour le protéger. Il a confiance en vous et aux limites que vous lui imposez.

Au fur et à mesure d’un retour vers une vie plus saine, récompensez le en devenant plus souple, en acceptant ses amis, en lui proposant des sports, de la musique, en lui redonnant de l’argent de poche (dont vous évaluerez ensemble le montant) … recommencez à lui montrer que vous lui faites confiance tout en restant vigilant.

Etre parent d’un adolescent

Dans cette période de bouleversements, comment vous repérer dans votre rôle parental alors que vos enfants deviennent des adultes ?

L’adolescence est un moment qui impose aux différentes parties de trouver un terraind’entente, un compromis qui constitue une frontière mutuellement reconnue et vivable. La confiance ne se basera plus essentiellement sur des paroles, mais sur les liens établis depuis l’enfance qui doivent être retrouvés ou édifiés dans l’urgence s’ils n’existaient pas.

Vous êtes bien souvent confrontés aux révoltes de vos adolescents qui, pour tenter de se séparer de vous et entrer dans le monde des « jeunes adultes », vont vous provoquer par leurs propos et leurs comportements.

Vous les voyez changer d’apparence, de style vestimentaire, entretenir de mauvaises fréquentations, et vous craignez qu’ils s’adonnent à des comportements addictifs.

Pouvez-vous encore imposer des limites à cet âge où tout leur semble possible ?

Ce stade de vos vies est particulièrement difficile à gérer, d’autant plus que vous retrouvez à travers eux les peurs, les désirs de transgression, la recherche de cadre et le besoin de s’imposer qui harcelaient votre propre adolescence.

En lisant notre livre « Ados accros, parents à cran » édité chez l’Archipel, vous allez découvrir, à travers l’histoire de nos patients, les meilleures attitudes à adopter pour traverser ce passage de l’adolescence de la manière la plus harmonieuse possible.

Il est évident que l’histoire de vie de chaque adolescent est, comme toutes celles que nous rapportons ici, singulière et unique. Nous ne vous proposons pas de recettes miracles mais des éclairages et des pistes à suivre sur les réactions à avoir face aux conduites à risque de vos adolescents.

Votre rôle est ingrat et demande une infinie patience, de la mesure et de la détermination. Mais quelle gratification, lorsque, la crise passée, vos enfants se diront heureux et vous remercieront de les avoir aidés à surmonter ce passage difficile mais obligé ! Nous pensons essentiellement, dans cet ouvrage, à tous ceux qui, avec leurs familles, sont confrontés aux pathologies addictives.


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