Psychothérapeute, Psychanalyste, Hypnose à Paris 9
Evelyne Ridnik

N° Adeli : 75 93 08976

Conseils

Troubles post-traumatiques émotionnels

Les attentats du 13 novembre au soir ont frappé de stupeur tous les foyers et meurtris physiquement et psychologiquement de nombreuses personnes. Cet assaut de haine a provoqué un traumatisme grave du fait de la brutalité du choc et de la nature de l’agression.

Dans un premier temps ce fut un moment d’affolement et de craintes pour les siens, un ébranlement psychologique. Les réactions ont été variables selon la proximité avec les lieux de l’attentat et la nature des liens qui les rattachent aux victimes. Les personnes qui ont été rassurés sur le fait que leurs proches étaient sains et saufs auront tout de même besoin de temps pour retrouver leur calme.

Dans de nombreux cas, le traumatisme est amplifié par les projections faites dans l’après coup des évènements : «ça aurait pu être mon enfant… j’y étais deux heures auparavant… c’est mon quartier… ». Au delà de la tristesse pour les victimes, l’angoisse de mort pour soi et les siens est toujours présente.

L’on constate également qu’après un attentat, il est difficile de reprendre une vie normale, il demeure des peurs qui empêchent de prendre les transports en commun ou d’aller faire des courses dans des centres commerciaux. L’angoisse reste présente en toute circonstance, comme nous avons pu le voir lors les vagues de panique suite au bruit de l’éclatement d’une ampoule. L’anxiété, le stress, l’angoisse sont considérés comme normaux du fait de la situation et il est important de l’accepter sans culpabilité.

Les rassemblements, les commémorations collectives aident la population à exprimer ses émotions dans le soutien et la solidarité.

Ces symptômes inéluctables après un choc traumatique ne doivent pas demeurer dans le temps. S’ils deviennent paralysants ou handicapants, il est nécessaire de consulter.

Pour les personnes confrontées à la mort d’un proche.

Ces personnes dans un premier temps, peuvent s’évanouir, être frappées de stupeur ou au contraire être très agitées.

D’autres dans le déni, n’expriment que peu d’émotions et semblent accepter la nouvelle avec détachement. En fait, leur psychisme a « enregistré » la terrible nouvelle de la mort mais du fait de la violence du choc, il en a occulté la douleur. Seul le corps manifeste : tremblements, paleur... L’élaboration de l’événement sera progressive et viendra dans un second temps.

Il est inéluctable de rester toute la vie marquée par la mort d’un proche. Même après le temps du deuil, la vie ne sera plus jamais la même.

Ces personnes devront bien-sûr être aidées par un psychothérapeute pour traverser cette épreuve.

Refuser une aide peut entrainer un enlisement dans la dépression. Pour accéder au deuil, il est inévitable de passer par différentes phases:

- le choc

- le déni : la personne refuse de croire ce qui lui arrive

- la colère : tournée vers soi ou vers les autres

- Faire le deuil suppose de passer par différentes émotions : reproches, remords, ressentiments…

- Ensuite vient la tristesse :

- Puis la résignation

- Et enfin dans le meilleur des cas, l’acceptation avant la phase de reconstruction pour reprendre confiance en soi.

Comment entourer des proches de victime ?

Le rôle de la famille et des amis est essentiel pour entourer les proches de victimes. Durant la phase de deuil, certaines personnes auront tendance à s’isoler de leur famille et leurs amis afin d’éviter la confrontation avec la réalité de la mort. Les proches de la victime devront tout de même manifester leur présence, mais sans insistance. Ce peut-être simplement pour faire quelques courses ou aider dans le quotidien. La bienveillance peut aider la victime à se confier, que ce soit verbalement mais également par d’autres modes d’expression.Il est reconnu que les personnes entourées se sentent plus rassurées et évoluent plus positivement que celles qui vivent leurs traumatismes dans l’isolement. L’amour est une aide pour reprendre pied dans la vie alors que la solitude renvoie à un nouvel abandon.

Les survivants et leurs familles

Très rapidement les survivants et leur famille ont été pris en charge par des cellules médico-psychologiques animées par des psychiatres et des psychologues afin de leur permettre d’évacuer leurs émotions, leur peur et tenter de réaliser ce qui leur arrive. Ceci dans le but de reprendre pied avec la réalité. De plus, les victimes se sentiront entourées, soutenues par ces échanges et l’aide des spécialistes.

Malgré cette première aide, des répercutions post-traumatiques importantes peuvent se manifester. Ainsi :

- des insomnies

- des cauchemars

- de la fatigue

- une difficulté à se concentrer

- de la nervosité

- de l’irritabilité…

- une perte du sentiment de sécurité.

Les réactions post-traumatiques sont elles identiques pour toutes les victimes ?

L’on ne peut pas savoir exactement quelles seront les symptômes post-traumatiques de chaque personne après l’événement traumatisant. Tout dépend de leur structure et de la façon dont elles ont vécu l’événement. Après un tel choc, il est fréquent d’être mal, d’avoir peur, de revivre la violence des évènements, de revoir des images d’horreur, de retrouver des sensations, des bruits de balles, des odeurs… De revivre le traumatisme en continue.

Nous remarquons que certains sont plus vulnérables que d’autres. Je pense, par exemple, aux personnes qui avaient déjà vécu des traumatismes qui se réactivent à ce moment là pour s’ajouter au traumatisme présent. Ainsi, le témoignage d’une jeune femme reporter qui avait déjà approché la mort lors de déplacements en Tchétchénie et en Haïti. Alors qu’elle pensait avoir pu surmonter ses « craquages » face aux visions d’horreur auxquelles elle avait été soumise, toutes les sensations de douleurs et d’impuissance sont réapparues lors des derniers attentats qui ont réactivés des symptômes post-traumatiques apparemment oubliés.

La culpabilité du survivant :

Parmi les témoignages des survivants, dominent la sensation qu’il a fallu très peu chose, pour qu’ils échappent à la mort. « C’est un miracle, ça aurait pu être moi ! ». Ils gardent en eux la culpabilité d’être en vie alors que d’autres sont morts. C’est la culpabilité du survivant qui provient du fait qu’ils s’identifient aux morts et se projettent en eux.

De plus, certains ont perdus les proches qui étaient avec eux. « Pourquoi sont-ils morts et pourquoi suis-je vivant? ». Pour les rescapés, vivre est un pêché, une transgression par rapport à l’appel de la mort. Ils se sentent coupables d’exister.

COMMENT TRAITER LES TROUBLES POST TRAUMATIQUES ?

Une expérience traumatique est souvent suivie de dépression et d’angoisses.

Si ces troubles et l’état de choc psychologique persistent (ils apparaissent dans les trois mois après le traumatisme), il est recommandé de consulter un psychothérapeute qui assurera un suivi adapté. La victime apprendra à gérer les situations d’angoisses et tous les évènements qui peuvent l’amener à revivre l’événement traumatisant.

Un travail thérapeutique à plus long terme est nécessaire pour arriver à dépasser des symptômes post-traumatiques et pouvoir faire preuve de résilience, c’est à dire se reconstruire pour avancer dans sa vie.

En cas de culpabilité pour ceux qui ont échappés à la mort et ont du mal à s’en remettre, la psychothérapie les aideraà surmonter cette culpabilité pathologique qui risquerait de les entrainer vers des actes auto-agressifs tels que la mise en échec, prise des risques…

La thérapie de groupe

La thérapie de groupe une bonne indication pour traiter le stress post-traumatiques. Elle permet aux victimes d’exprimer leurs émotions et leurs peurs en échangeant avec d’autres personnes ayant vécu le même traumatisme. De plus, le groupe est un soutien, une enveloppe thérapeutique qui aide à se sentir soutenu et moins isolé dans cette épreuve.


Pour plus de renseignements, n’hésitez pas à m’appeler au 01 42 80 33 83 ou au 06 12 79 96 99


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