Psychothérapeute, Psychanalyste, Hypnose à Paris 9
Evelyne Ridnik

N° Adeli : 75 93 08976

Adolescence

Chacun sait, soit par rapport à sa propre adolescence, soit en côtoyant des jeunes, que le moment de l’adolescence est un passage difficile, voire critique. L’adolescence est une période plus ou moins longue selon les personnes mais l’on peut la situer entre 11 ans à 22 ans. Cette transition à la fois corporelle et psychique peut très bien se dérouler ou au contraire devenir une zone de turbulence perturbante pour lui mais aussi pour son environnement.

Les changements provoqués par l’adolescence :

Au niveau corporel :

A l’époque de la puberté, le corps soumis à des modifications hormonales (testostérone pour les garçons et estrogène pour les filles) change, se développe, devient adulte et mature sexuellement. Les jeunes grandissent, leur voix change, l’acné peut apparaître, ils ont une pilosité pubienne et une croissance des organes génitaux : c’est la période des premières éjaculations pour les garçons et des premières règles pour la fille… Ils ont du mal à se reconnaître et leur malaise est visible. Il est à noter que l’adolescence est également une période de deuil pour le jeune qui doit renoncer à l’enfant qu’il n’est plus même s’il ne se sent pas encore être un homme. Pour décrire ce passage, Françoise Dolto utilise la métaphore du homard (complexe du homard). En effet, le jeune doit se séparer de sa carapace d’enfant devenue trop étroite pour en acquérir une autre plus adulte mais qui, comme après toute mue est encore fragile.

En conséquence, l’adolescent éprouve avec son nouveau corps, un sentiment de vulnérabilité, d’agressivité et de repli sur soi.

Au niveau psychologique :

Les changements corporels sont accompagnés de bouleversements psychologiques et émotionnels.

Tout adolescent se questionne sur son identité et ses désirs de jeune adulte en devenir. Il se veut libre et indépendant mais se retrouve forcément confronté aux limites données par ses parents et à une réalité économique qui l’oblige à rester sous l’autorité familiale. Ce peut-être l’objet de conflits, chaque membre de la famille devant trouver sa place dans la nouvelle configuration familiale imposée par les changements de l’adolescent.

S’ajoute à cela que l’adolescent est confronté à des conflits intrapsychiques qui le bloquent et le mènent parfois à se révolter. Ainsi paradoxalement, l’adolescent ne se sent pas toujours prêt à assumer la liberté qu’il demande. Pour lui, le cocon familial est un lieu de réassurance et les parents des guides/repères garantissant un encadrement et une affection dont il a encore besoin même si pris dans ses contradictions, il les refuse ou les aborde autrement.

Etre parent d’un adolescent :

Il n’est pas facile d’être parent d’un adolescent. Lorsque l’enfant grandit, être parent demande une souplesse pour éviter la confrontation, le rapport de force et laisser la place à la parole et à la compréhension. Il est essentiel d’écouter leur adolescent sans pourtant l’étouffer. Les parents doivent être là pour soutenir leur jeune dans les changements qui le perturbent. Le dialogue avec lui et l’écoute de ses préoccupations ou de ses idées renforcera le lien parent/adolescent. Même si les démonstrations affectives deviennent plus rares, le jeune aime tout autant ses parents, il a juste besoin de montrer que ce n’est plus un enfant.

Il est également essentiel d’apporter à l’adolescent, les éléments nécessaires pour qu’il puisse aborder leur nouvelle vie. Le père pourra informer son fils de ce qu’il doit savoir concernant la sexualité et inversement les mères devront parler à leur fille. De même, il est nécessaire, en évitant toute moralisation, de les informer des dangers concernant les drogues et autres addictions.

Ce peut-être difficile pour les parents car l’adolescence correspond à une période où les parents sont eux-mêmes confrontés à une crise : celle « du milieu de vie ». Les oppositions, les doutes et les remises en question de leurs enfants adolescents ne font qu’accentuer leurs propres questionnements.

Parfois, les conflits proviennent du devoir des parents à mettre des limites là où l’adolescent ne les accepte pas. C’est pour cette raison que « mettre des limites » doit commencer très tôt dans l’éducation de l’enfant afin qu’elles soient acceptées plus tard. Toute famille doit avoir des règles de vie sans forcément les imposer. Mieux vaut les expliquer et en discuter. Parfois le parent cherche à éviter les conflits pour rester « sympa » au regard de ses enfants mais aussi parce qu‘il a peur de leur réaction. L’adolescent a besoin d’un parent qui dit ce qu’il pense, qui affirme sa solidité et qui ne joue pas un rôle du parent copain. Rien ne vaut la communication pour que le jeune ait confiance en ses parents et en leur solidité. Sentir l’amour de ses parents rassure le jeune en recherche d’identité. La communication n’est pas une confrontation et reste incontournable pour maintenir des rapports affectifs et respectueux entre parents et adolescents. Chacun peut ainsi s’exprimer librement tout en sachant qu’il sera tenu compte de ce qu’il dit. Le rôle du parent est d’orienter, de respecter mais pas d’imposer.

LES DERIVES DE L’ADOLESCENCE :

L’adolescent refuse parfois l’autorité parentale ou scolaire mais paradoxalement a peu confiance en lui.

Refusant de se confier à ses parents, le rôle des copains et des groupes de copains est essentiel pour l’adolescent. Il a besoin de se sentir accepté, reconnu par un groupe et d’y appartenir. C’est un repère qui l’aidera à se construire et à se trouver. Il n’y a qu’à regarder les adolescents passer dans la rue pour comprendre qu’ils ont tendance à copier sur les autres un modèle vestimentaire, un comportement… ils se ressemblent.

Les adolescents en quête de transgression sont souvent influençables, ce qui peut les mener vers des dérives.

L’alcool :

Pour un adolescent souvent très jeune, la consommation d’alcool en soirée par partie de « la fête ». L’alcool (bière ou alcool forte) est mêlé à la cigarette et à la musique. Les garçons consomment toujours davantage que les filles qui cependant commencent à avoir une consommation inquiétante. A l’alcool peut également s’associer le cannabis ou autres drogues pour éprouver des sensations fortes

La drogue :

Il est facile aujourd’hui de trouver des drogues et par manque de confiance en eux, les adolescents peuvent se laisser entrainer à consommer.

Le cannabis est responsable de déscolarisation et désocialisation du jeune.

La cocaïne donne l’impression d’une toute puissance. Elle a de plus une image très branchée, festive et coûte de moins en moins cher.

Les parents doivent rester attentifs aux comportements de leurs adolescents. Certains signes peuvent les alerter : baisse des résultats scolaires, regard dans le vague ou yeux rouges, difficultés à se lever le matin et séchage de cours, dépenses accrues, besoin d’argent….

Lorsque cela est possible, les parents doivent ensemble (pour montrer le sérieux de la situation), parler avec leurs jeunes pour comprendre ce qu’ils vivent, ce qu’ils consomment, dans quelle quantité, dans quelle circonstance et à quel rythme. Bien sûr sans moraliser ni accuser, ce qui bloquerait la communication. Les parents doivent faire part de leur inquiétude et de leur désir de l’aider. Ils est important expliquer les méfaits de la drogue, prévenir leur adolescent qu’ils ne souhaitent pas que ces comportements continuent et qu’ils seront très vigilants.

Même si une prise de cannabis exceptionnelle n’est pas dangereuse, il est important de comprendre ce qui a motivé le jeune. Par exemple, si l’adolescent répond que « c’est pour oublier », il est souhaitable de consulter car le cannabis ne fait que masquer un problème qui risque de réapparaitre plus violemment dans d’autres circonstances.

Les parents ne doivent pas hésiter à consulter un psychothérapeute avec l’adolescent concerné s’ils soupçonnent que la prise de drogue continue. Plus tôt, la prise de la drogue est diagnostiqués moins il y a de risque que le comportement s’installe ou s’aggrave.

De même, si certains copains ne semblent être pas de bons modèles aux yeux des parents, ces derniers doivent dire et même interdire s’ils ne sont pas d’accord avec certaines fréquentations. C’est leur rôle ! Même si leur jeune semble révolté, au fond de lui-même il leur en sera reconnaissant. Les adolescents aiment quand leurs parents montrent leur fermeté et leur solidité.

Les addictions aux jeux vidéos :

Pour parler d’addiction aux jeux, il faut que vérifier le temps que les jeunes leur accorde.

Si le temps est limité par la famille et qu’ils acceptent sans problème de stopper à ce moment, il n’y a pas vraiment de raison de s’inquiéter. Par contre si votre enfant s’accroche à son jeu, s’il s’isole dans leur chambre, ne voit plus ses copains, ne s’intéresse plus à la vie de famille, semble épuisé, a mal aux épaules, si ses résultats scolaires baissent, s’il fait une crise car vous insistez pour qu’il arrête, c’est plus ennuyeux. Il est passé de l’attractivité à la dépendance.

C’est une raison pour consulter un psychothérapeute qui, avec lui comprendra le sens de cette addiction et l’aidera à rompre avec son ordinateur.

Les parents doivent également se poser des questions pour comprendre pourquoi leur enfant passe tant de tant à jouer. Est-il trop longtemps seul à la maison? Les parents mettent-ils les limites nécessaires pour éviter les abus ? Sont-ils suffisamment disponibles pour lui ? La règle de remettre le téléphone et de fermer l’ordinateur le soir est-elle respectée ? Pourquoi cherche t-il à s’isoler de ses amis en se projetant dans le virtuel?...

Les troubles du comportement alimentaire :

Boulimie, anorexie sont des comportements qui commencent à l’adolescence et qui comme toute autre addiction doivent pris en compte.

Voir article dans mon site sur les addictions.

A l’origine du malaise des adolescents :

L’on retrouve souvent chez les adolescents en dérive des troubles relationnels et des conflits familiaux importants.

Soit l’investissement des parents est insuffisant et ils ne remarquent pas les signes évidents du malaise de leur enfant.

Soit au contraire, ils se montrent trop anxieux, ce qui inquiète le jeune et le contraint à s’isoler de sa famille.

Une autre raison des dérives de l’adolescence peut-être la résurgence d’un traumatisme de l’enfance, ou d’un choc émotionnel plus récent.

 

Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à me joindre par mail e.ridnik@wanadoo.fr ou par téléphone au 01 42 80 33 83


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