Psychothérapeute, Psychanalyste, Psychologue
Hypnose à Paris 9
Evelyne Ridnik
Evelyne Ridnik

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Troubles Anxieux et la Phobie d'Impulsion

27 Déc 2023

Les troubles anxieux représentent une pathologie psychique qui a un impact significatif sur la vie quotidienne d'une personne. Les troubles anxieux englobent...

Evelyne Ridnik
Psychothérapeute, Psychanalyste, Psychologue
Hypnose à Paris 9

N°ADELI: 75 93 08 976

Thérapie par le rêve-éveillé dans un cas d’inceste


Exemple clinique d’une THERAPIE PAR LE RÊVE-EVEILLE

BLESSURES DE L’INCESTE : quand la violence du passé s’inscrit dans le corps

PREMIER ENTRETIEN :

Une jeune fille d’une vingtaine d’années, disons Aïda, m’est adressée par son médecin généraliste pour une fatigue chronique associée à un cortège de troubles psychosomatiques tels que des épisodes boulimiques, des migraines et d’une recto-colite hémorragiques. Toute sa vie semble organisée autour de ces symptômes qui vont maintes fois perturber la cure mais qui semblent indispensables à son équilibre psychique. Elle évoque en effet une alternance de ses différents troubles : lorsque l’un disparaît, un autre lui succède.

C’est une ravissante jeune femme, en surpoids, d’apparence soignée mais tout de noir vêtue.

C’est la première fois qu’elle consulte un psychothérapeute et sa demande est clairement exprimer : elle veut entamer une psychothérapie.

 

Elle se dit extrêmement active mais lorsqu’elle se sent engloutie par des moments de fatigue, elle perd tout goût à la vie. Je ne perçois d’ailleurs pas d’étincelles de vie dans son regard, ce qui rend la relation neutre et impersonnelle. Il y a discordance entre une motricité apparente (elle est droite dans son fauteuil, les jambes croisées), son élocution verbale et la teneur de son discours haché par de longs silences. Son langage clair s’égrène sur un ton monocorde et bas qui m’oblige à tendre l’oreille.Aucun affect n’apparaît même lorsqu’elle aborde de douloureux passages de son enfance bordée de haine, de désarroi, de peur ou de tristesse.

Après avoir décrit l’effort nécessaire pour sortir de chez elle et arriver à mon bureau, elle exprime ainsisa demande « je traine depuis des années une énorme fatigue qui m’empêche d’investir mon travail et ma vie. Je passe mes week-ends au lit, n’arrive pas à faire mon ménage, ni quoi que ce soit... tout m’épuise, bien que je me sente toujours sous tension. Je me rends bien compte que je m’isole socialement et m’en culpabilise. Je ne trouve aucun intérêt à ma vie et ne fait aucun projet d’avenir.J’aimerai m’en sortir mais je n’y crois pas ».

Supposer un mieux-être lui semble aujourd’hui impensable… pourtant elle consulte un psychothérapeute.

 

Ce repli dans une fatigue régressive ou « une fatigue de vivre » est l’expression d’une dépression dans laquelle elle s’engouffre et réciproquement dans laquelle la fatigue l’enlise. La tension dont elle parle, se libère par des accès boulimiques ou alcooliques , à des moments de poussées pulsionnelles face auxquels l’effondrement de ses défenses l’empêche de résister.

Alors que je l’invite à parler de son histoire, j’apprends qu’elle est la cinquième d'une fratrie de six enfants issus d’une famille d’immigrants. Lui précèdent deux frères et deux sœurs.

Elle s’attarde sur son frère ainé alcoolique et toxicomane. Suite à plusieurs incarcérations pour agressions sexuelles, cambriolages et vente de drogues, ce dernier se défenestre dans des conditions très suspectes. Accident, suicide, meurtre, elle ne sait pas mais toujours sur le même ton monocorde,elle exprime sa satisfaction de le savoir mort. Son second frère est désigné comme « la victime » et elle regrette qu’Il soit également toxicomane malgré les attentions quasi-maternelles d’Aïda. Je comprends qu’il a été poursuivi depuis l'âge de sept ans par son ainé qui en abusait sexuellement.

Ma patiente a elle-même été violée, dès ses six ans, par ce même frère de dix-huit années plus âgé. Impuissante face à ces agressions, sa seule protection possible était d’évoquer une fatigue derrière laquelle elle pouvait se réfugier, se cacher, se protéger au regard de son entourage et particulièrement de celui de ce frère abuseur. « Il n’y avait qu’à l’école que je me sentais bien et que je renouais avec mon énergie ››.

Au fil de cette première séance, les moments violents de son histoire, y compris l'inceste sont évoqués en vrac, avec d’autres souvenirs "qui la font également souffrir ».

Elle décrit sa mère comme une femme malheureuse, dépressive et psychiquement indisponible. Dès quinze ans, elle a été marié à un homme choisi par sa famille. Ce mari sévère et violent la battait devant ses enfants mais soumise depuis toujours, elle continuait avec docilité à se plier à l’autorité marital. Son seul échappatoire fut de canaliser cette réalité extérieure perturbante, par la mise en place de défenses obsessionnelles et un fonctionnement opératoire. Tout son temps était consacré au ménage et à la cuisine. Ainsi, elle oubliait son mari et même ses enfants qu'elle n’arrivait pas à investir.

De même qu’avec son jeune frère, dans un inversement de rôle Aïda maternait sa mère psychiquement absente.

Elle décrit ainsi une famille où personne n'est à sa place, où les générations se confondent, où l'inceste a aboli tout repère, toutes limites et tout cadre.

Quant au père d’Aïda : il était démissionnaire physiquement et affectivement. Faisant référence à son côté pulsionnel, elle le compare à un animal agressif qui terrorisait sa famille peur de son père l’incitait à se taire sur les agissements de son frère.

Elle résume ainsi le couple parental: « Ma mère nous nourrissait et mon père nous oppressait ››. Contexte qui ne lui a pas permis de divulguer ce qu’elle vivait.

DEROULEMENT DE LA CURE:

Très vite, sous prétexte de fatigue, les absences se répètent et les séances se reportent. Je suppose que ces résistances marquent sa peur de revivre ses traumatismes dans la cure. Même si Aïda a pu énoncer des pans de son histoire, il subsiste hors de sa conscience, un clivage entre les faits et les affects ainsi que le refoulement d’évènements douloureux qui pourraient être à l’origine de ses symptômes. Elle souhaite oublier ses traumatismes :« Mon frère m'a sali à des endroit que je ne veux plus ressentir. Lors d’examens médicaux, des flashs me reviennent. Je mets alors ma main sur la tête en me disant, tu vas oublier ››.

A cette évocation, surgit un début émotion qui me rassure sur sa capacité à pouvoir «laisser-venir››. Mais très vite elle se reprend, fait volte-face et se bloque. Elle n”est pas prête encore à s”approprier son histoire, ni accepter ce que ses sens ont enregistré.

Ce geste de mettre la main sur la tête pour chasser les idées est comme un grigris psychique récurrent dans toute situation où elle se sent en danger. Elle tente par ce geste magique de repousser, d’effacer immédiatement les représentation mentale dérangeante et à fleur de conscience. Tout son corps est alors sollicité.

Nous avons ici une représentation parfaite du pare-excitations -fonction consistant, selon J., Laplanche et Pontalis (1), à protéger l’organisme contre les excitations en provenance du monde extérieur qui, par leur intensité, risquerait de la détruire.

Ce danger psychique d’un retour du traumatisme, réapparaît chaque fois que le souvenir de celui-ci est réveillé. Son psychisme lutte alors contre ce retour du refoulé, ce qui contribue à l’épuiser. De même le corps sollicité par cette lutte est soumis à des tensions et la parole se fige comme si elle était sédéré.

Nous savons que le traumatisme sexuel peut entraîner des sidérations mentales. Comme de nombreux auteurs, Joye Mac Dougall (en 1989) évoque cette situation que nous retrouvons chez Aïda. Soumise à l’insupportable du traumatisme, son psychisme n’a pu se protéger des représentations inassimilables, que par la forclusion des affects traumatiques. Ces affects n'ont pu être symbolisés et renvoient à un vide de représentation laissant en friche un terreau pulsionnel non mentalisable et innommable.

Cette anesthésie affective est à mettre en lien avec la « relation blanche ››,non libidinisée d’Aïda avec sa mère présente mais « vide››, ce qui l’a enfermé dans une sphère mortifère. La pensée opératoire de sa mère, désérotisée et sans tendresse, l’a formée dès sa prime enfance, à ce mécanisme de défense. Pour survivre, le nourrisson a dû se couper avec une partie de lui en lien avec l'expérience traumatique et les carences de liaisons affectives l’ont structurées à ne ressentir et ne manifester aucune sensibilité.

L’on peut penser que les séparations avec l’objet dues à son inaccessibilité, que la détresse du nourrisson inassimilable, générée par ces situations non élaborées, sont les premiers traumatismes réveillés dans l’après-coup par l'inceste, second temps du traumatisme.

Je fais référence à la théorie freudienne sur la séduction « la neurotica ». Freud décrit la production du traumatisme en deux temps séparés l”un de l”autre par la puberté. Un évenement ne deviendra traumatique que par sa remémoration, sa reviviscence, lors d’un second événement en résonance associative avec une précédente scène.

Ainsi, Aïda n’ayant pu mentaliser les traumatismes de la perte de l’objet et de l’inceste laissant son corps devient le seul canal d'accès de ses sensations. Pour Roussillon, le trouble somatique prend la place des affects insuffisamment appropriés subjectivement. Ce qui est forclos du dedans de la psyché revient par la périphérie et par la voie du corps qui devient porteur de la trace traumatique passée et non représentée psychiquement.

Le corps, en maintenant la liaison entre le préconscient et la pulsion constitue une mémoire à part entière.

Le concept de corps-mémoire a servi de base aux travaux de Freud sur les troubles névrotiques dans leur connexion avec des contenus psychiques oubliés ou refoulés (3). Il a montré comment les troubles de conversion, affectant le corps fonctionnel du sujet apparaissaient comme le déplacement et la traduction au plan corporel du conflit intra-psychique opposant chez le sujet désirs sexuels et interdits.

Dans la fatigue d'Aïda, c’est non seulement le corps réel qui est concerné, mais également le corps imaginaire qui pourra se représenter et se déployer dans la cure. Les liaisons directes avec le psychisme ne pouvant se faire, la fatigue, trace inscrite dans le corps est en quelque sorte précurseur de la représentation mentale. Par la cure rêve-éveillé, nous allons tenter de permettre à la fatigue de se dire et de rétablir ainsi une liaison avec l’appareil mental.

REPRESENTATION PSYCHIQUE DE LA FATIGUE PAR L’INTROCUTION DU REVE EVEILLE DANS LA CURE

Dans l”espoir diune libération d’émotions internes qui pourront se penser et se dire, - et de ce fait, se panser - par une mentalisation de ses troubles physiques, je l’invite à l'introduction du rêve éveillé dans sa cure, ce qu’elle accepte.

Sa production est particulière: viennent quelques images rêvées-éveillées que je qualifierais « de non-abouties ». Le développement des images est bloquée par ses interprétations immédiates.

De même, elle ne rapporte jamais de rêves nocturnes en séances comme si la cen-sure diurne se manifestait également la nuit, faisant barrages aux rêves. Ses nuits agitées par des cauchemars et des réveils angoissés.

Pierre Marty (4) reconnait dans les angoisses noctumes, une compensation par la

motricité de l'inhibition de l’activité mentale. Lorsqu’il y a cessation des stimulis extérieurs, des tensions internes demeurent qui doivent s’évacuer psychiquement, dans les rêves nocturnes. Du fait des censures internes limitant l’activité onirique, c’est par la décharge musculaire que se libèrent les tensions dans les cauchemars.

De plus, nous savons que c’est la nuit que sont réactivées les souvenirs nocturnes de l’enfance et que c’est justement la nuit qu’Aïda était agressée par son frère. Pour s’en protéger, elle se réfugiait au fond de son lit, cachée derrière une barrière de

peluches et tentant de s’empêcher de dormir.

Je propose à Aïda de s’allonger et les yeux fermés, d’associer sa fatigue à des images et de les laisser se développer:

«Je suis collée au sol, je n”arrive plus à marcher. Je suis énorme, je ne peux plus bouger, j’ai l”impression de m’enliser dans le sol. Je me vois toute petite avec autour de moi un amas de graisse. J 'ai tout rentré à l’intérieur de moi, j’ai gardé toutes les choses pas bien. Je suis éteinte, il n’y a rien dans ma tête, tout est dans mon corps.

Je lui dis: Tout est dans votre corps ?

«Je suis à la frontière des larmes. Je me protège. Là où je suis, c’est comme dans du coton. Il ne peut rien m’arriver, je ne vais pas être triste... Je vois mes parents, ils sont très proches, trop proches. Ça m’oppresse, j’ai comme une sensation dans le ventre.

Cette sensation me dérange, pourtant je la reconnais. Je ne connais que cela. C’est comme une bulle d'air, comme si j’arrêtais de respirer. Je respire par tous petits à coups car je n’arrive pas à prendre de grandes bouffées d’air. Je ne suis pas vivante, je suis fatiguée, vidée, enlisée comme dans un courant qui me tire vers la mort.

Il n'y a rien dans ma tête... Je me vois enfermée entre deux murs.

Il y a juste la place pour une personne. C'est comme dans un coffre, je suis pro-tégée mais c'est comme si j’étais dans un cercueil. Elle ajoutera «toute petite, on m'a tué ››.

Le laisser venir des images dans l'espace transitionnel, le récit du rêve, la mise en mots de ses images et des affects a qui y sont associés, dans le temps même où le rêve se construit et se raconte est un moment essentiel dans la séance. L’éprouvé corporel de la fatigue se projette dans l’ici et maintenant de l’image, puis dans l’ici et maintenant des mots qui disent les images.

Ainsi, s’associe à ce symptôme de la fatigue, la solitude, le vide, le poids du corps, la souffrance et la mort psychique.

Pour la première fois, se disent les sensations corporelles: elle est figée, pétrifiée, protégée par le plaisir régressif d’une enveloppe cotonneuse dans laquelle elle enfouie sa souffrance, d'un no man's land lui permettant de retenir ses larmes.

« Si je laissais venir la souffrance dit-elle, je coulerai. J ‘en voudrai à ma famille alors que j’ai toujours voulu l'épargner par mon silence. Comme dans le rêve éveillé, je l'ai mise à distance pour la protéger de ma colère. Si mon frère a pu s'attaquer à moi, c’est que personne ne s”apercevait de rien ››.

Reconnaître ce traumatisme en révèlerait un autre tout aussi douloureux: celui de devoir reconnaitre la carence familiale, l’insuffisante protection parentale à l’égard de la petite fille qu’elle était et qu’elle se doit de protéger au fond d'elle-même, en retenant ses pulsions. D’ailleurs, pour préserver le fantasme d'une famille aimante, elle s'est inventé un roman familiale qui restaure sa famille. «J 'étais l’ enfant d”une autre famille, plus belle, plus riche. Cette famille dans laquelle j’étais cachée n’était pas la mienne.

Cela m’a sauvé de me raconter des histoires, j'ai pu déconnecter avec une réalité trop douloureuse ››.

Ne pas vouloir voir, ne pas vouloir savoir… pourtant le corps d’Aïda est dépositaire des traces de la souffrance et de ses traumatismes. Les traces retenues émotionnellement sont en elle, nichées sous la cuirasse de sa surcharge pondérale et cahées derrière une fatigue toujours présente. Les images rêvées-éveillées ont exprimées la retenue des pulsions et des excitations compensant la pare-excitation défaillante au moment des traumatismes.

La production d’images rêve-éveillé a permis à la fatigue retenue dans le corps, de trouver une issue autre que somatique en se déployant sur la scène de l‘imaginaire. 

Suite à cette séance rêve-éveillée, je lui propose d’ associer les idées ou les souvenirs relatifs aux images afin que puisse se créer un lien entre les représen- tations inconscientes et les représentations* de mots avant que ne s’élabore progressivement le sens. Aïda commence à assimiler l’utilité et la nuisance de la fatigue. Il élabore l’idée qu’elle ne fait pas que subir sa fatigue, mais que celle-ci peut avoir un rôle actif en rapport à une activité pulsionnelle à se reapproprier.

Après avoir exprimé son désir d’éteindre les traces mnésiques et les affects associés, survient un autre rêve éveillé qui met l”accent sur les représentations de l’irreprésentable sous forme de trous .

« J’ai une image de corps qui flotte. Il est informe… je n’ai pas de cou... juste deux ronds. Je vois les énormes cuisses d’une obèse américaine et un trouentre deux. Je n’arrive pas à me déplacer... Le trou devient un tout petit point noir qu”il me faut absolument fermer et protéger ››.

Ce corps troué est une marque de l’impensable, la scotomisation du lieu même du traumatisme physique effectif. Les agressions auxquelles elle était confrontée depuis son jeune âge, restées inscrites dans son corps sous forme de symptômes, l’ont obligé ã la rétention, y compris celle de la colère.

FATIGUE COMME MECANISME DE DEFENSE - EFFET ECONOMIQUE DU TRAUMATISME:

Nous avons vu que cette analysante décrit la fatigue comme un mécanisme de défense tentant « d'éteindre ›› de la conscience l’inacceptable du vécu interne en le déplaçant vers l'extérieur. Dans son inconscient, le symptôme tente de réduire ou de supprimer toute modification susceptible de la mettre en danger. La fatigue représente un compromis pour canaliser les angoisses ou la dépression sous-jacente.

Cependant à vouloir éteindre ce qui pourrait s’éclairer en elle, c'est elle qui s’éteint. 

Les images précédemment citées, marquent l’incapacité de la jeune fille à être dans des pulsions de vie qui risqueraient de la déstabiliser ainsi que l'équilibre familial qu’elle cherche à tout prix à préserver dans l'espoir toujours déçu d'une intervention maternelle salvatrice. Elle vit une lutte pulsionnelle entre Eros et Thanatos. La fatigue, décrite dans le rêve-éveillé comme une mort psychique est la résultante de ses combats intérieurs pour protéger son psychisme de l'insupportable présence de souvenirs et de son attente toujours trahie.

En associant autour des images, elle se souvient qu’aux moments des approches de son frère, elle pensait mourir. Ne pouvant ni bouger, ni se défendre, elle se clivait de son corps, mettant ainsi à distance la réalité de la scène traumatique. Dans ces moments, elle ne pouvait que se sentir inerte, abolie, paralysée… comme morte.

« J 'étais là et je n’étais pas là, dit-elle. Je pleurais, c’est tout ce que je pouvais faire››.

Le clivage, la sidération psychique et l’identification à l”agresseur sont représentés dans le rêve-éveillé suivant:

« Je vois un clown avec une grande bouche qui m’effraie. Je m’agite pour que l'on ne me voit pas figée et que l'on ne puisse pas me saisir. Puis je vois le clown abattu qui pleure. Il se liquéfie. Je suis alors revêtue de son costume trop grand qui traine parterre et m’encombre. Je ne peux plus bouger... Derrière un masque, il y a un petit

enfant ou une petite personne. Je m”approche pour voir si c’est un garçon ou bien une fille. C’est un robot en jouet Lego. Un robot de guerre avec des armes sur le côté. Ce n’est est pas un gentil robot. »

Nous pouvons remarquer qu’Aïda passe de la crainte de l’engloutissement orale par le clown à la grande -bouche, à un retrait de la scène psychique en le faisant disparaître. S’ensuit une identification à l’agresseur décrite par Férenczy << Les enfants se sentent physiquement et moralement sans défense, leur personnalité encore trop faible pour pouvoir protester, même en pensée, la force et l’autorité écrasante des adultes les rendent muets, et peuvent même leur faire perdre conscience. Mais cette peur, quand elle atteint son point culminant, les oblige à se soumettre automatiquement à la volonté de l'agresseur, à deviner le moindre de ses désirs, à obéir en s’oubliant complètement et à s’identifier totalement à lui ›› (5).

Dans le rêve-éveillé, Aïda revêt son corps du costume de l’agresseur, ponctuant ainsi

l’irréalité de ce qu”elle veut mettre à distance par l”aspect clownesque du personnage et la protection de toute distinction sexuelle. .

Ce rêve-éveillé met également l”accent sur la confusion entre l'enfant et la petite personne abusée, marquant son immaturée psycho-sexuelle face à l’inceste subit.

Pour Freud, l’enfant agressé est empli d’effroi puisqu'il n’est pas-préparé à cette situation dont la signification ne peut être assimilée. En 1920, il remarque l’aspect économique du traumatisme interne. Du fait de l’absence de parexcitation «les transferts d’excitation internes acquièrent une importance économique prépondérante et occasionnent souvent des perturbations économiques comparables aux névroses traumatiques ››. A l’effroi vécu pendant l’inceste, Aïda n'a pu épondre au traumatisme, ni par une décharge adéquate, ni par une élaboration psychique.

Quant au robot armé, il est perçu à la fois comme agresseur et protecteur. Férenzy nomme la "transe traumatique" le fait que l’agressée transforme psychiquement de manière hallucinatoire, ce qu'elle vit pour ne maintenir que la relation de tendresse. Le robot évoque pour Aïda, la peur de l’esprit de son frère mort «qui pourrait se venger car il est rendu plus fort par la mort » dit-elle. Elle ajoute « Quand il venait m’agresser, je mettais des peluches mais si j'avais mis un robot armé, il m’aurait mieux défendu ››.

Ses expériences incestueuses, l’on rendu méfiante par rapport aux hommes bien qu’elle ait aujourd’hui un ami avec qui elle vit, mais sans échange sexuel.

Cet homme issu d’un milieu aristocratique, lui permet d’accéder au monde merveilleux de ses rêves de d’enfant. Ceci aurait pu la rendre heureuse, mais hélas, ce n'est pas le cas. Prise dans un conflit entre désir et défense, elle trouve sa vie de couple fade et incomplète mais se sent soulagée que son fiancé ne soit pas demandeur physiquement. Elle dit: "Je pense que cela m'arrange car je n”ai pas de désir et que quand il essaie de se rapprocher, je m'échappe".

Les actes violents de son frère l'ont conduite inconsciemment à choisir un homme/prince charmant asexué. Elle est encore dans la confusion : chaque approche de son ami lui évoque la présence de son frère, qu'elle tente de repousser. Lorsqu’elle accepte, il se répète alors la dissociation que nous évoquions précédemment.

ALTERNANCE THERAPIE INDIVIDUELLE, THERAPIE DE GROUPE :

A ce moment de la cure, se créaient des résistances du type des transferts que J. Comut nomme << transfert négatif de mort ››, c”est-à-dire de type mortifère, régi par les pulsions destructrices qui immobilisent le processus et la vie psychique du patient. Elles arrivent à des moments où par l'avancée de la cure et la régression vers des niveaux archaïques, Aïda atteint des problématiques en lien avec la relation à l'objet primaire (6).

Ces résistances peuvent rendre la cure interminable ou déboucher sur une rupture avec le travail analytique. Il arrive que les cures des patients psychosomatiques passent par une aggravation des symptômes. Je me souviens d'un patient qui revenant sur un évènement traumatique, a fait durant la séance, une importante crise d’asthme dû à l’intensité pulsionnelle que cela provoquait en lui. Il a alors fui la cure, malgré l’invitation à élaborer ou plutôt en raison même de cette invitation, probablement prématurée.

Avec Aïda qui sous prétexte d”une aggravation de sa fatigue, repoussait ses séances, j'ai voulu éviter ce même risque de rupture. Elle se dit de plus en plus fatiguée, exprime ne pas avoir d’idées lorsqu'elle vient en consultation ou encore s’oppose par des silences méfiants. Comprenant que cette rechute pouvait être l’expression d’une lutte interne contre une réminiscence traumatique, j’ai tenté des interprétations. Je me suis trouvée alors confrontée à un massif déni de l’irreprésentable, et j’ai été perçue comme intrusive et même dangereuse. *

Alors que suite à deux séances manquées; je lui rappelais le cadre de la cure, elle répond «parfois je n’arrive pas à venir, pourtant je voudrai m'extérioriser davantage au lieu de rester prostrée des heures entières. Il n’y a que pendant mes cours de théâtre que je peux me laisser aller, car je suis protégée par mes rôles ! Là, personne ne peut m'atteindre.

Me rappelant le costume protecteur du clown, entendant sa capacité à jouer ce qui ne peut être dit ou ressenti et pour tenter de contourner les résistances qui paralysent la cure, je lui propose en plus de ses séances individuelles, d'intégrer tous les quinze jours un groupe-psychodrame. A ma surprise, elle accepte aussitôt. Je co-anime ces groupes avec un thérapeute-homme, ce qui aidera Aïda à intégrer un modèle d’hormne autre que défaillant ou abuseur et d'instaurer une triangulation. t

L’introduction de cette variante ne marque ni une rupture avec la psychanalyse rêve-éveillée qu’elle continu en individuel, ni un échec du cadre analytique dans lequel l’action thérapeutique a été engagée. Le but est de contrer les résistances consécutives au fonctionnement psychique de ma patiente et aux jeux transfero-contretransférentiels du moment de la cure.

De plus, la participation corporelle et gestuelle peut réveiller la mémoire du corps, ouvrir la voie à son activité psychique bloquée, lui donner l'opportunité de renouer avec sa vie pulsionnelle, ses désirs et son agressivité. Le psychodrame peut également lui permettre par les jeux du corps de prendre conscience des limites corporelle et de modifier ses mécanismes de défense. De plus, les transferts latéraux disfractionnés dans le groupe sont de précieux auxiliaires à la poursuite de la cure.

Dès le début de sa participation au groupe de psychodrame, je suis surprise de voir le changement d'attitudes d'Aïda. Elle prend facilement la parole et même si le ton reste identique, elle aborde par le jeu des thèmes inabordables en individuel (telle que l’agressivité envers la famille).

Entrer dans les jeux est par régression, le rappel de l°entrée du nourrisson dans le contexte familial: chacun doit y prendre sa place, y affirmer son individualisation et son identité. Changer de rôle aide sans trop, de difficultés ni de souffrance, à faire tomber les défenses et les masques.

Nous demandons aux participants d’être spontanés, à l’écoute de leur corps et de laisser venir les mots, les émotions et l’inconnu. Ces situations sont parfois difficiles, peuvent être angoissantes mais toujours très fécondes.

Pendant les jeux, tous les membre du groupe d'observateurs peut « entrer en scène›› pour exprimer les mots qu’à leur avis le protagoniste ne peut dire ouce qu’il aimerait formuler à sa place. A ce moment, il se place alors derrière le protagoniste, « le double ›› et nomme en mettant « des mots sur ses ressentis. Aïda trouve dans ces prêtes-mots, ce qu°elle n'avait pu penser. Ces interventions peuvent avoir un impact sur sa vie psychique et lui donner des nouvelles ouvertures pour modifier la construction de son appareil à penser (voir Bion). Penser sa personne ne peut que passer par la construction progressive de cet appareil qui sert également de contenant permettant de garder l’unité de sa personne. Alors que la vie fantasmatique d’Aïda était pauvre, s”ébauchent les liens symboliques entre le symptôme et sa vie psychique. Le travail psychanalytique prend une nouvelle dynamique.

L’essentielle mise en mots des émotions et des idées se fait aussi dans un second temps, lors d’échanges avec le groupe reformé. Chacun exprime son ressenti en rapport avec les jeux et les rôles distribués. Dans un dernier temps, viennent les associations libres, le retour à l’histoire de chaque participant, l’expression des différences de vie et de cultures enrichissant et élargissant la vie psychique de chacun.

Ces échanges débouchent sur d’autres scènes psychodramatiques, ébauches d'interprétations, jusqu’à ce que progressivement arrivent les prises de sens.

Ainsi, Aïda imagine un scénario où elle se met en scène avec sa famille. Elle les regroupe autour d’un repas. Je vous rappelle que sa mère passait son temps à la cuisine.

Elle demande à deux participants (un homme et une femme) de prendre place face à elle. Chacun mange et contrairement auautres, elle est allongée. Tout à coup, elle se lève et leur tourne le dos au participant face à elle:

- Tu serais mon frère... Je sais que tu es là, mais je ne peux pas te voir. J'ai envie et j'ai pas envie de t’apercevoir.

Quelqu’un est entre nous qui te regarde. Cette personne prend toute la place dans la scène et m'empêche de voir.

- Tu es là pour m'empêcher de regarder dit-elle à la jeune femme qu’elle a intercale entre le représentant de son frère et elle-même.

- Je ne ressens pas de violence contre toi. Je suis trop fatiguée... Par contre, je sens que tout en observant ce qui se passe devant, tu m’observes également même si je suis derrière. Je crois que tu représentes le thérapeute.

Alors que le jeu se terminait, elle demande à un troisième participant de se cacher derrière son frère. Elle ne comprend pas ce choix, mais est submergé de très fortes émotions partagée par le groupe. Elle ne comprend pas qu’elle métaphorise dans le jeu, ce qu’elle n'entend pas d’elle mais qu’elle sent confusément et qui reste en souffrance de conscience.

Roussillon dirait :

« savoir, sans savoir que l’on sait, faire entendre ce que l’on sent mais n’entend pas de soi ›› (7). C”est dans le second temps d'association où les participants se regroupent, qu’elle nommera que derrière le traumatisme du rère, se cachait aussi celui d’un inceste avec le père.

Pourquoi? dit-elle.

Avec le rappel de l’inceste, réapparait la terreur et la violence qui y sont associés. Pour la première fois, viennent en même temps pleurs, peur et colère. Elle comprend le poids de ce qu'elle trainait, de ce qui se cachait sous des maux corporels et la fatigue que ce poids générait.

Revenons à cette scène: Aïda perçoit sa thérapeute dans une position d’observation qui contrebalance avec l’absence du regard parental. Elle transfère sur l’analyste les affects et les attentes déjà vécues avec ses objets infantiles. Mise à la place de sa mère et utilisée comme pare-excitation, cette présence la protège du retour des images traumatisantes et des pulsions qui pourrait réactiver le traumatisme et la mettre en danger.

Elle projette sur son analyste d°être ce que Roussillon nomme << le miroir en négatif de soi ›› (8), le miroir qui n’a pas été senti, ni perçu d’elle. La thérapeute vécue transférentiellement, dans l’aire transitionnelle, comme objet maternel devient capable, par l'alliance des deux psychismes, de rêver l'infans, de le porter psychiquement et de permettre ainsi une restauration de la relation primaire où s’organise la symbolisation.

La mère d’Aïda prise dans sa propre problématique détournait le regard, entrainant une rupture dans la continuité du lien primaire. Ce regard à deux dans lequel elle projette sa thérapeute, marque une fusion nécessaire avant le processus de séparation/individualisation qui l'aidera à se projeter dans sa propre vie.

Les mouvements transférentiels exprimés dans le jeu à permis au traumatisme du père de se révéler, de se revivre, et de s'exprimer. C’est parce quAÏda a existé dans le regard de l’objet thérapeute /mère qu’elle a pu s’observer dans une scène jusqu”à présent inabordable.

Winnicott insiste sur la difficulté des patients qui n’arrivent pas à symboliser, à être dans le « comme si à utiliser l'analyste comme objet pour ce qu'il est ou ce qu'il n'est pas, à savoir l’utiliser comme objet de projection dans leur monde fantasmatique. C’est l'instauration d’une «aire transitionnelle››, espace crée par les jeux de transfert/contre-transfert qui a permis le déploiement d’une réalité psychique partagée et introjectée par l’analysant. La réalité partagée avec les psychanalystes s’est déterminée dans une troisième zone psychique qui inclue réalité interne et exteme. Le passage de l’illusion à la désillusion l’a menée vers l'acceptation progressive de la réalité externe.

La thérapeute représentée dans le jeu, est confronté avec Aïda à la scène où se mêlent les désirs œdipiens interdits et la violence de l'inceste. Nous comprendrons au fil de la cure, que l’impossibilité de renouer avec les excitations est en partie lié à certaines sensations ressenties et interdites.

L'inappétence sexuelle, le manque d'affect d’Aïda, son vécu d”inceste, sa volonté de trouver des limites, le repli sur soi montrent que la fatigue est également un mécanisme de défense contre l’émergence de tout désir.

D’autre part, ce jeu met l’accent sur la communication infra-verbale inconsciente instaurée entre les thérapeutes et l’analysante. Utilisée dans le jeu, dans une fonction de barrage nécessaire à la rétention de l’excitation, je me retrouve à la place du symptôme et en ressent les effets.

Je reconnais ce que Françoise Rabaté (9) nomme «l’identification à la fatigue››. J ‘ai en effet, vécu certains moments de cette cure comme épuisants. La monotonie de l’élocution d’Aïda, ses propos remplis de souffrances, la spirale mortifère contre laquelle je dois lutter, la difficulté à l'animer, m’a demandé des efforts de concentration pour lutter contre un mouvement défensif d’endormissement ou d'échappatoire par des rêveries ou des flots de pensées paradoxales.

La cure a pu avancer et les traumatismes qui restaient en quête de représentation, de symbolisation ont pu se dire et se jouer lors des séances. Ce travail, facilité par l’adaptation particulière de la cure, (alternance et interaction d'une cure rêve éveillé et psychodrame), a permis au forclos de se représenter. Il s’est effectué un passage entre un processus dïncorporation et de métaphorisation vers un processus d'introjection et de métaphorisa tion nécessaire pour lever les symptômes. La prise de conscience des conflits sous-jacents, le tissage de liens psychiques jamais élaborés et leur mise en mots ont pu prendre la place de la fatigue, symptôme porteur du traumatisme.

Aux images et aux jeux psychodramatiques, se sont associés les mots de jusqu’alors impensés. Il s’est effectué le cheminiment mental inverse de celui d’ avant la cure: la mentalisation peut relayer les souffrances du corps et lalléger de ses symptômes.

A cette scène, succède une autre scène où Aïda apprend à une participante à dire non. Ceci la conforte dans l'idée qu’aujourd”hui, elle peut se défendre.

Ces scènes ont été le pivot de l’ évolution et de la fin de cure.

Aïda a transfèré sur sa thérapeute la confiance et la quiétude dont elle rêvait et qu’elle ne trouvait pas chez elle lorsqu’elle faisait semblant de dormir pour essayer en vain de mettre son abuseur à distance. Elle a trouvé une présence à deux, un regard, un cadre ferme sans dérapage, un lieu contenant et rassurant, une écoute de ses ses peurs et de ses colères. Le nécessaire respect du cadre et des lois l’ont aidé à cette détente: elle est l'enfant tranquille, non menacée, protégée qui peut laisser se déployer les affects violents ou douloureux retenus. L”écoute empathique, les transferts positifs* installés dans la cure donne au thérapeute une fonction de repère sécurisant qui peut tout entendre sans en être effrayée. Les séances deviennent des aires de détente possibles. `

POUR CONCLURE :

Aujourd’hui, Aïda dit se retrouver et prête à investir sa vie. Elle a repris plus activités de théatre ainsi que des liens amicaux. Ses somatisations disparaissent, elle fait des projets d’avenir avec son ami. Ayant élaboré que se rejouait avec lui des peurs du passé, elle arrive maintenant à les surmonter sans en encombrer la relation. Elle envisage de devenir mère, ce qui lui semblait interdit du fait de la rectocolite-hémorragique à laquelle elle ne fait plus référence.

Tout se passe comme si elle pouvait reprendre sa place dans le présent et dans la chaine transgénérationnelle.

Je terminerai par une citation de Lina Balestrière tirée du livre Ce qui est opérant dans la cure ( 10):

« Le symptôme dans sa face « inadmissible » requiert la mise en œuvre, de la part du psychanalyste, d'une même puissance que celle qui a présidé à sa constitution.

« L' inassimilable ›› est toujours témoin d’une violence. L’analyste est convoqué à la confrontation avec cette violence, à l’emprise qu’elle exerce, au pouvoir totalitaire qu’elle sécrète. ›› Cette forte citation explique ce qu°il en a été du contre-transfert et de l'énergie- qu’il a demandé. De plus, il rend compte du processus particulier de cette cure, processus où la libre association des paroles et des images s'est associée la libre association des paroles et des conduites dans le psychodrame, la cure gagnant à chaque étape en vitalité et en profondeur dans la révélation des paroles et des silences qui, à l’origine ont eu un impact si handicapant sur le corps de l’analysante et si fatiguant sur son psychisme.

 


NOTES BIBLIOGRAPHIQUES

(1) LAPLANCHE J. ET PONTALIS (1981) Vocabulaire de la psychanalyste, Paris,

PUF

(2) SMADJA C. (1991) LE CQNCEPT DE PULSION; ESSAI D°ETUDE COM-

PARATIVE CHEZ FREUD ET PIERRE MARTY Revue française de psycho-

somatique, N °l Paris, PUF

(3) FREUD S. (1912) LE NEVROTIQUE SQUFFRE DE SES SOUVENIRS La

dynamique du transfert

(4) MARTY P. (1967) Aspects psychosomatiques de la fatigue

(5) FERENCZY S. Confitsion de langue entre les adultes et l 'enfant, Paris, Payot, p. 44

(6) LAPLANCHE J. ET PONTALIS (1981) Vocabulaire de la psychanalyse, Paris,

PUF - page 290:

 

ROUSSILLON R. (2007) Agonie, clivage et symbolisation, Paris, PUF

 

ROUSSILLON R. (2004) Théories et cliniques des « configurations» transfé-

renrielles cliniques. Congrès d”Athènes J

 

RABATE F. (2003/2) ENTRE SOMA ET PSYCHE, LE TRAVAIL DE LA

FATIGUE Revue française de psychosomatique N ° 24 pp. 61 à 77 A

r BALESTRIERE L., GODFRINDE J., LEBRUN J. P., MALENGREAU P.


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